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Vézénobres,un village de caractère sur la voie Régordane
Etymologie de Vézénobres
 
 
 

La forme la plus ancienne que nous donne la Grande Histoire du Languedoc est Vezenobrium en 1050 qui correspond à la transcription en latin qui était la langue écrite « administrative » d'un nom à peu près identique à celui que nous connaissons.

Par la suite, on trouve des variantes comme Vicenobrium, Videnobrium, puis Vezenobre ou Vesenobre, sans « s » final
ajouté seulement au 19è siècle mais qui ne sert à rien puisqu'il n'est pas utilisé pour faire les dérivés ( Vézénobrien et pas vézénobresien ).
Les géographes parisiens trouvaient que ça faisait mieux et en rajoutaient assez systématiquement : Martignargues, Sommières, Ganges … ou Orléans, Nantes … Les formes latinisées sont formelles : la finale – ium est un singulier !

Par contre, en occitan, langue restée d'usage général en Languedoc jusqu'à la 2de guerre mondiale, le mot est devenu Venòbre (prononcer ~Bénôbr é ).

Origine du mot :

Eliminons d'abord une paronymie ( explication par simple ressemblance, comme expliquer Lyon par la présence d'un lion ou Bordeaux par le fait que la ville est au bord de l'eau ) assez généralement admise par les habitants autrefois.

En occitan, Vézénobres se prononce pratiquement à peu près comme Vése una òbra ( je vois une œuvre ) et Venòbre comme Ve una òbra ( Vois une œuvre ). Ce serait une telle exclamation admirative d'un voyageur face au village fortifié et à son prestigieux château qui lui aurait valu son nom.

Vézénobres signifierait donc en somme «  Regardez-moi un peu ça »  !

Manque de chance, une telle explication, pour amusante et sympathique qu'elle soit, ne peut expliquer les formes anciennes.

Vézénobres appartient à une famille de noms du sud de la France (zone occitane) se terminant en – obre : Cantobre près
de Nant ( Aveyron ), Vinsobre ( Drome ), Talobre ( Hte-Loire ), le Sidobre… tous ces noms désignent des hauteurs ou des lieux liés à des hauteurs. Ils viennent du gaulois briga qui désigne une hauteur (montagne ou colline) et, par extension, une citadelle construite dessus, comme parfois « Mont » en français. Un bel exemple de ce terme est donné par l'oppidum de Briga, près d'Eu ( Seine Maritime ).

Cette racine se retrouve dans les noms de lieux bretons : «  bre / bré » comme Menez Bré ( Menez est le pluriel de Men = rocher et a pris le sens de colline en breton moderne ). C'est la même racine que le germanique Berg = montagne et Burg = château ( qui a donné Bourg en français ) et on la retrouve dans le mont Brion près de St Jean du Gard, le pic du Brionnet
( Puy-de-Dîme ) et parfois en première partie d'un nom comme dans Brignon ( anciennement Briginnum ), Brienne ( Aube ), Brionne ( Eure ) ou Briançon ( Htes-Alpes ).

La première partie du nom est moins évidente. Les érudits du XIXème siècle y voyaient en général une racine latine bien connue : vicus = village, par son dérivé vicinus qui a donné vicinal ( du village ) et aussi voisin. Vézénobres serait donc le village de la hauteur ou la hauteur du village. Parfait, trop parfait même car ce genre de noms hybrides entre deux langues est rare et qu'en occitan vicus a donné Vic ( cf. Vic-le-Fesc, par exemple ) et son dérivé Vigan mais pas Vézé -.

Une explication plus acceptable linguistiquement fait remonter notre toponyme à un adjectif bien gaulois : uindo = blanc
( prononcer OUindo, windo ). Cette racine se retrouve dans le breton gwenn = blanc ( Gwendoline ¬ gwen = anneau blanc etc. ) mais aussi dans le germanique wit ( néerlandais wit , anglais with , allemand weiss …).

- soit par un dérivé uindino ou uintino ( = clair, presque blanc, où il y a du blanc, où on voit du blanc ),

- soit par une métathèse ( inversion de syllabes ) : uindo-briga étant devenu uidino-briga.

Au cours du premier millénaire, le « d » a évolué vers un son « z », transformation tout à fait normale en roman.

En conclusion, l'explication la plus probable semble être le gaulois Uind(in)o briga = la colline blanche ou avec du blanc, en référence bien sûr à sa couronne de falaises calcaires aujourd'hui à peu près entièrement cachées par les maisons du village. C'était un bon élément d'identification du lieu à une époque où les garrigues étaient encore largement recouvertes de forêts.

Michel Wienin

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