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Vézénobres,un village de caractère sur la voie Régordane
l'Histoire de Vézénobres
 
source site " Tourisme autour de Nîmes " de Jean Charles Griebel
 


Sur un éperon rocheux culminant à 219 mètres de haut, dominant la plaine riche en alluvions,
au confluent de deux rivières, les Gardons d'Alès et d'Anduze, située sur une voie de passage très fréquentée depuis la plus haute antiquité (voie regordane) la place de Vézénobres va, jusqu'au XVIIème siècle, jouer un rôle important dans la région.


HISTOIRE :

A l'époque Gallo-romaine la région fut prospère, les nombreuses inscriptions et monnaies trouvées en attestent. Vézénobres était l'un des 24 oppida entourant Nîmes. Pendant deux siècles, l'oppidum est utilisé comme forteresse par les Wisigoths qui occupent la région.
C'est avec l'extraordinaire essor démographique et économique des XI ème et XII ème siècles que la cité va prendre toute son importance.
La ville se bâtit en bandes radioconcentriques s'étageant sur trois niveaux principaux en épousant la pente sud de la falaise, à l'intérieur d'un rempart continu formé au sud par le linéaire des maisons à plusieurs étages, par une muraille (Barry), là où les constructions n'existent pas.

Cinq portes, à pont-levis pour permettre de franchir le fossé extérieur qui longe le rempart, défendues chacune par un corps de garde, ferment les entrées de la ville. La garnison compte plus de 1000 hommes, elle assure contre les droits de péage, de guidage et d'arrière guidage, l'entretien de la route, la protection des marchands et de leurs convois.
Au XIV ème siècle, le système de défense a été complété. Le château Girard (la mairie) consolide les fortifications des remparts Sud avec meurtrières et mâchicoulis. On sait qu'en 1310 trois jours de foire (peut-être déjà la foire aux figues), du 28 au 30 novembre, se tiennent chaque année à la Saint André sur le foirail (champ de foire actuel).
Au XVI ème siècle seigneurs et bourgeois abandonnent les vielles demeures et l'ancienne cité pour s'installer plus bas dans le quartier a la mode autour de l'hôtel de Montfaucon (Dite maison d'Adam et Ève, toujours habitée, dans la rue basse).

Ce sont les guerres de religion, qui séviront de façon très violente dans la région, qui vont au XVII ème siècle annoncer le véritable déclin de la cité médiévale.

En 1628 le Duc de Rohan, chef du parti réformé, fait détruire tout le système défensif de la cité.

L'histoire de Vézénobres rejoint l'histoire de France, le lendemain de Noël 1702 lorsque Jean Cavalier (sa maison existe toujours) est élu à Vézénobres chef des camisards. Il s'illustre dans plusieurs combats glorieux. C'est de là qu'il part pour le pont d'Avesne voisin afin de traiter avec les représentants du Roi-Soleil.

En 1745, le marquis Charles-François de Calviére, lieutenant général des armées sous Louis XV, fait construire à Vézénobres le château de sa famille. Au milieu d'un parc de 17 hectares, le château s'élève dans le style classique de l'époque.

C'est la fin du XIX ème siècle que la cité médiévale va subir les plus rudes assauts de destruction, on va, pour donner sans doute une meilleure accessibilité au centre ancien, élargir certaines rues, en créer de nouvelles, aménager des placettes à l'emplacement des immeubles détruits, supprimer d'anciennes portes d'entrée de la ville.

Depuis 1960, par la volonté de quelques amoureux de Vézénobres le village est classé. De nombreux travaux de restauration ont été entrepris. Nous avons aujourd'hui un cite médiéval remarquablement reconstitué.

Époque Gallo - Romaine

Nîmes était la capitale qui dominait 24 oppidas, Vézénobres était l'un d'eux.

A cette époque et pendant plusieurs siècles la région fut prospère, notre village en a largement profité. Les nombreuses inscriptions et monnaies romaines trouvées sur le territoire de notre commune, laissent supposer l'implantation d'une villa gallo-romaine au pied du village celtique.

La population autochtone a continué à occuper le village sur la hauteur et s'est progressivement " romanisée ".

La conquête romaine s'était faite sans affrontement important.

Les Volques Arécomiques ont été sous César une tribu alliée , ensuite Nîmes a été promue " Cité " sous Auguste en raison de sa fidélité, les 24 oppidas suivent le sort de Nîmes.

Une pierre gravée provenant d'un temple romain de Nîmes, à La Fontaine, mentionne onze noms, dont certains sont évocateurs : Anduzia (Anduze), Briginn (Brignon), Ucetia (Uzès) et Virinn, qui peut-être attribué à Vézénobres.

Invasions

Au IV ème siècle les invasions barbares (vandales, Wisigoths) firent régner la terreur pendant 250 ans malgré la bataille de Vouillé en 507 ou ils furent repoussés vers l'Espagne par les Francs. Pendant cette période la Gardonnenque est souvent dévastée par les Francs qui occupent l'Uzège, ou par les Wisigoths solidement installés à Nîmes, principalement dans les arènes transformées en forteresse.

Les sarrasins s'imposèrent , pillèrent les campagnes, c'est pour cette raison que Vézénobres à été longtemps surnommé la cité sarrasine.

Le Haut Moyen Age connaît un répit sous le règne de Charlemagne et Louis le Débonnaire. Les ordres religieux sont encouragés par les souverains.

Époque Féodale

Les bénédictins s'implantent dans la région , Vézénobres a son prieuré baptisé Saint André de Vézénobres.

Au Xème siècle la féodalité s'organise. Elle forme une co-seigneurie de plusieurs familles nobles, chacune chargée de la défense d'une porte ou d'une tour de la forteresse, sous la suzeraineté de la maison d'Anduze, très puissante en Languedoc.

Les seigneurs de Vézénobres sont mentionnés une première fois :
    En 1052 Ebraldi de Vézénobres
    En 1077 Thibaud de Vézénobres

Nos chevaliers de Vézénobres servirent dans la Milice des Arènes sous les ordres des vicomtes de Nîmes (famille des Bernard Aton ) jusqu'en 1212 et se nomment : Pons, Bermond, Raymond de Vézénobres, etc...

A la même époque la lignée des Pierre de Vézénobres est connue par divers actes. Pierre de Vézénobres en 1155 seigneur de Saint-Maurice de Cazevieille et son fils en 1186 se firent tour à tour hospitalier de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem et offrirent leur seigneurie, en ont pris l'habit et vécurent à Saint Gilles.

Vassal des Rois de France

Suite à la croisade des Albigeois les comtes de Toulouse furent relégués à l'ouest, Raymond VII est obligé de signer en 1229 le traité de Paris.

Les seigneurs d'Anduze et Sauve furent dépouillés de leurs droits et biens.

Vézénobres devint alors vassal direct du Roi de France. L'administration royale et leurs représentants s'abattit sur la population aussi bien noble que roturière et subirent de nombreuses vexations.

Ils se comportaient tous en conquérants avides et sans scrupules. Saint Louis en 1247 ordonna une enquête.

En 1295 Philippe le Bel désireux de s'approprier la Baronnie de Lunel sans descendant direct fait un échange avec les héritiers. Les tractations sont effectuées par Guillaume de Plaisian juge .

Raymond Gaucelin d'Uzès reçoit en échange de son héritage sur Lunel la seigneurie de Vézénobres, Ledignan, Aigremont et La Calmette. L'acte d'échange, fait le jour de la St Denis de l'an 1295,
présente une description remarquable de Vézénobres.

Il revend à Guillaume de Plaisian sa seignerie de Vézénobres qui se rajoute le titre de seigneur de Vézénobres en 1303, il rachète de nombreux domaines. Vézénobres profite de cette prospérité et prend de l'importance.

En 1326, une charte énumérait les droits et les devoirs des habitants de Vézénobres. Les générations se succédèrent jusqu'à la fin du moyen âge ou la peste et la guerre de Cent ans sévissaient.

Claude de Montfaucon achète la baronnie de Vézénobres en 1485.

Renaissance et Temps modernes

Le vieux château médiéval est agrandi et rehaussé dans le style renaissance. Il n'en reste qu'un pan de mur.

La fille de Françoise de Montfaucon épouse Antoine de Fay-Peraut, Gouverneur de Montpellier. Il a la sympathie des habitants de Vézénobres et il soutient la politique d'Henri IV.

Son fils jean de Fay-Peraut, veuf de Jeanne du Chambon en 1622, il épouse Marguerite de la Fare.

Pendant les dernières guerres de religion il s'oppose à Rohan, chef du parti protestant et repousse plusieurs attaques des troupes protestantes. Le 15 juin 1628, Rohan assiègera Vézénobres et pendant un mois détruisit le château et les fortifications.

A la suite du décès de sa fille Isabeau, Madeleine de Fay-Peraut épouse de Calvière sans héritier direct, leurs biens reviennent à Abel Antoine de Calvière.

En 1716, Alphonse de Calvière hérite au moment de son mariage dont il aura trois filles, Françoise Olympe de Boucoiran, épousera son cousin Charles François de Calvière en 1733. Il construisit le château actuel en 1740.

Son fils Charles Joseph eut trois enfants , Jacques Alexis, Charles, Alex Jeanne Marie épousa en 1807 Jacques de Pierre de Bernis. Sans héritier direct, Jacques de Pierre de Bernis en bénéficia a condition qu'il ajoute le nom de "de Calvière" au sien. Depuis cette union, la famille de Bernis-Calvière possède le château de Vézénobres.

LE CHÂTEAU DE THOIRAS
XIV siècle

On pénètre dans l'ancienne cité médiévale au niveau de la placette qui a remplacé la porte Viterne lors de sa démolition en 1860 On emprunte alors le passage voûté au niveau du rez-de-chaussée du château de Thoiras, fortification du XIV°s qui défendait la porte de Viterne commandant le chemin d'Anduze et d'Alèst (Alès). Il fut loué par la communauté et transformé en caserne. Acheté plus tard par la commune, il devint l'Hôtel de Ville et fut détruit en partie pendant les guerres de religion (1628) par le Duc de ROHAN qui abattit tout ce qui pouvait lui opposer de la résistance.

On a pu admirer du parking la façade imposante de ce château dont les défenses en superstructure ont été détruites. On remarquera en passant la cour intérieure, défendue par des meurtrières, des mâchicoulis, une Croix de Malte, les belles salles voûtées qui composent le soubassement du château

LE CHÂTEAU DE MONTANEGRE
XII°/XIV°/XVI°siècle
A l'opposé de cette entrée, la porte Bourgoule (portal burgol= porte du bourg) au sens de maisons groupées autour d'un château, commandait l'entrée du chemin de Nîmes et d'Uzès.

Cette porte Bourgoule s'appuyait sur les constructions défensives du château de Montanègre (aussi appelé de Fay Péraut) construit au XII°/XIV°-XVI°s . Il n'en reste que le grand pan de mur du corps de bâtiment principal démoli également en 1628.

Le soubassement du château comporte une série de belles salles voûtées sur plusieurs niveaux.

LA PORTE SABRAN
XIII°siècle
Ces deux châteaux composaient le point fort du système défensif de la cité qui était entourée d'une enceinte (détruite également en 1628), de 6 mètres de haut et précédée d'un fossé sec d'une dizaine de mètres de large, toujours appelé " la dougue "(douve).

La porte Sabran (la seule conservée des 5 portes qui donnaient accès à la cité), présente une belle facture en moyen appareil, à bossage datable du début du XIII°s. On mesure bien la hauteur du mur d'enceinte couronné par un chemin de ronde. La construction de l'horloge au-dessus de la porte date du XVII°S.

Le tracé de l'enceinte est près de cinq fois plus vaste que le noyau original fortifié du haut moyen-âge . Son importance tient à la fois au désir de donner aux remparts une forme convexe, choisie pour sa qualité défensive, de créer des refuges pour les populations rurales, voire de conserver certaines réserves foncières en cas d'expansion urbaine.

LES ANDROUNES
(en occitan : " andronas " = ruelles, passages) Les circulations principales de la cité ont emprunté tout naturellement les pieds des lignes de rocher permettant ainsi le développement à l'horizontal d'un urbanisme régulier selon une disposition en éventail autour de la pointe de l'éperon et du château. Pour bien comprendre la structure de l'agglomération médiévale, il faut emprunter les androunes, ces passages étroits souvent en escalier, qui établissaient une liaison facile et directe entre les différentes rues étagées en même temps qu'elles permettaient une évacuation simple des eaux pluviales et des eaux usées vers les point bas de la falaise.

LE FORT
Situé au-dessus encore, le fort, en forme d'amande de 200m sur 100m, barre l'extrémité du plateau, s'appuyant sur la falaise supérieure. On peut présumer cependant que son rôle de forteresse fut alors mis en avant et notamment aux V°-VI°s, ce site occupant plus que jamais une position stratégique : il était en effet dressé à la frontière entre les territoires des Francs, détenant l'Uzège, et ceux des Wisigoths, étendus sur Nîmes et ses environs.  Il est vraisemblable que ces deux forces en présence s'y soient succédé.

Vinrent ensuite les Arabes qui semblent s'être emparés de cette place essentielle, et s'y être maintenus quelques temps. Les arabes furent chassés à la suite de la campagne militaire menée par Charles Martel (la ville de Nîmes a été conquise en 725 et reprise et incendiée par Charles Martel en 738). La forteresse dont les ruines occupent toute la partie Nord de Vézénobres, pourrait avoir été ébauchée à partir de cette époque .

Au début du XVII° ce fort transformé en caserne abritait une garnison importante (1.200 à 1.500 hommes). Ce sont ses ruines qui constituent actuellement le bourrelet sommital de la colline.

C'est de ce point haut que se découvre un large panorama illustré par une table d'orientation.

L 'AGGLOMÉRATION PRIMITIVE
Au XII°s, un château existait à l'extrémité de l'éperon et l'agglomération primitive semble s'être installée à son pied Sud entre les deux principales lignes de falaises, sur un espace restreint de 100m sur 50m environ, au-dessus de l'actuelle place de la Mairie, à l'Est des escaliers du temple, au point de convergence des différents chemins d'accès.

Le plan actuel conserve un système de ruelles imbriquées avec de nombreux décrochements en baïonnette, typique de l'urbanisme dense des pays méditerranéens mais le plan cadastral napoléonien montrait, ce qui est beaucoup plus original, un parcellaire de petite dimension en damier presque régulier qui trahit un urbanisme volontariste comme si un vieux village peu architecturé avait été construit sur le modèle d'une " bastide " ou " ville neuve ", à l'aube de son entrée dans l'histoire.

Cette structure, par suite des destructions et des élargissements de voies est devenue totalement illisible sur le cadastre rénové actuel.

Au-dessus, une zone formant sensiblement une demi-ellipse de 120m sur 120m, située entre le château féodal et le fort, correspond certainement au premier réduit fortifié qui , qualifié de " plan "(place), a donné son nom au quartier.

LA CARRIERA DRECHA
XII°/XIII° siècle
(rue droite, grand' rue) C'est l'axe majeur du village, composé actuellement de la rue de l'horloge, de la place de la Mairie, de la Grand'Rue, de la rue des Maisons romanes, de la rue de la Porte d'Alès. Installé presque à l'horizontale, elle double l'ancienne rue romane située une dizaine de mètres plus au Sud, en contrebas de 6 à 7mètres dont on retrouve dans les caves actuelles les façades avec porte en plein cintre ou en ogive.

C'est qu'au XII°s, en effet, les habitations s'élèvent et possèdent au moins un étage dépassant ainsi le niveau des escarpements, créant le besoin d'une nouvelle desserte.

Profitant d'une très bonne exposition, le " nouveau quartier "va se développer en s'appuyant sur un commerce florissant. Les belles maisons sont construites par des " bourgeois ", négociants ou artisans aisés, des marchands pisans ou génois dont on connaît bien le rôle à Saint Gilles.

L'architecture d'origine médiévale est très homogène dans son aspect général, moins dans le détail et avec des réalisations variées. Parmi les éléments caractéristiques, on peut noter :

- des façades principales en pierre de taille calcaire, soigneusement appareillées en petit ou moyen appareil.
- des portes en plein cintre à claveaux larges
- des fenêtres d'étage rectangulaires petites et peu nombreuses
- un cordon mouluré à la base du 1er étage
- un cordon analogue dominant un cordon de losanges dans la rue des maisons romanes (que l'on retrouve sur les églises d'Alès, de St Hilaire de Brethmas, de Gattigues -hameau de la commune d'Aigaliers et de Thines - Ardèche méridionale )
- une organisation de façade comportant au rez-de-chaussée une ou 2 arcades et une ou deux portes piétonnes plus étroites.
- quelques fragments sculptés, en remploi sur les façades, provenant de l'ancien prieuré Saint André de Vézénobres, détruit pendant les guerres de religion, d'inspiration romane dans un haut relief qui n'est pas non plus sans évoquer Saint Gilles.
A l'intérieur, les pièces anciennes sont voûtées en berceau plein cintre d'axe parallèle à la pente, ce qui permet aux constructions de se renforcer mutuellement - les châteaux ou maisons nobles possèdent des voûtes en berceau croisées en anse de panier et des voûtes d'arêtes surbaissées.

Les portes bâtardes débouchent directement dans une pièce plus ou moins carrée à usage de boutique ou d'échoppe.

Les portes piétonnes servent d'accès à des escaliers habituellement droits en maçonnerie et portés par un arc rampant . Il y en a généralement deux, l'un donnant accès aux étages supérieurs et l'autre aux anciens étages inférieurs, aujourd'hui transformés en caves.

C'est au XVII°s, pour répondre au grand développement de la production de la figue sèche vendue en grande quantité à la foire de St André (28 novembre) que les maisons situées sur le côté sud de la Grand'Rue s'équipent de " calaberts ", grandes pièces ouvertes, voûtées en berceau et exposées au Sud, dans lesquels on pendait, en automne, les colliers de figues destinées à la dessiccation. Ce sont ces séchoirs qui donnent au village vu de la plaine, son aspect particulier. Ils ont été construits sur l'ancienne voie romane, désaffectée dont les riverains se sont partagé l'assiette.

source site "Tourisme autour de Nîmes" de Jean Charles Griebel

VOIR AUSSI LES PAGES > VISITE > MAISONS ROMANES > VOIE REGORDANE > ETYMOLOGIE
 
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